Les nouveaux collègues numériques débarquent : pourquoi les agents d’IA ont toute leur place dans les effectifs d’entreprise

À propos de l’auteur

Rebecca Port

Chief People Officer

Rebecca Port, PhD, is a global Human Resources strategist and an expert in the psychology of work. As Chief People Officer at Okta, Dr. Port oversees the global people strategy as the company deepens its investment in the world-class talent needed to lead the industry in securing identity for the age of AI.

With a career spanning the UK, India, Singapore, and the US, Dr. Port is a seasoned leader with deep, cross-industry expertise in scaling strategy, culture, and performance. She previously served as CHRO at Sequoia and has led people teams at 10x Genomics, Netflix, and Standard Chartered Bank.

A recognized thought leader, Dr. Port’s insights on talent and organizational design are featured in Forbes and Fast Company. She holds a PhD in Psychology and serves on multiple advisory boards. She is a recipient of numerous awards and honors including: 2025 HR Today’s Hall of Fame, was named Advocate of the Year by Women in Finance, and received a Transform 10 award for being one of the most Innovative HR leaders.

Driven by a desire to "make work work for everyone," Dr. Port continues to push the boundaries of traditional human resources to empower global talent.

14 juillet 2026 Temps de lecture: ~

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La transition vers une entreprise pilotée par l’IA est souvent présentée comme une évolution technologique, mais elle repose avant tout sur des enjeux profondément humains. En tant que responsable d’équipe, je sais qu’il ne suffit pas de simplement déployer des agents d’IA. Nous devons repenser en profondeur la nature du travail et concevoir de manière réfléchie la collaboration entre les personnes et les travailleurs numériques travaillant côte à côte. 

Tout commence par l’organigramme.

Les agents d’IA ne sont pas vraiment des employés, mais ils ne sont pas non plus de simples outils. Il s’agit d’un nouveau type d’identité qui remet en question les modes de fonctionnement actuels, qu’il s’agisse de la définition des rôles, des méthodes de collaboration ou de la sécurisation des systèmes et des données. La question n’est plus de savoir si l’IA va transformer nos entreprises, mais comment intégrer de façon stratégique les effectifs numériques afin de bâtir une entreprise plus sécurisée, efficace et collaborative.

Okta propose un plan d’action pour l’entreprise agentique sécurisée. J’aimerais approfondir ce point sous l’angle des ressources humaines afin de montrer aux cadres dirigeants comment le fait de classer les agents d’IA comme un nouveau type d’identité et de les intégrer à l’organigramme de l’entreprise peut renforcer la collaboration, la transformation et la sécurité. 

Un nouveau type d’identité : le travailleur numérique   

Il existe actuellement une inquiétude réelle et compréhensible au sein des équipes, qui craignent que l’IA ne menace leur emploi. Les cadres dirigeants doivent accompagner les collaborateurs à travers des évolutions psychologiques et culturelles afin de les aider à percevoir l’IA comme un levier, et non comme une menace. 

Les ressources humaines ont pour mission essentielle d’aider le personnel à s’adapter à ces évolutions. La culture se construit par petits incréments, et le langage que nous utilisons a de l’importance car il influence les comportements. Lorsque nous qualifions l’IA d’« outil », nous passons à côté de son potentiel. Si nous la traitons exactement comme une personne, cela suscite une anxiété compréhensible. En introduisant la notion de « travailleur numérique », nous offrons à ce nouveau type d’identité une place clairement définie au sein de l’équipe. 

Nous construisons un avenir collaboratif où les travailleurs numériques éliminent les tâches manuelles et répétitives, afin que les équipes puissent se consacrer à des missions plus complexes et stratégiques, dont la contribution relève strictement de l’humain. De cette manière, je pense que l’IA va redéfinir les emplois et non les remplacer. 

Pourquoi il est utile de nommer vos travailleurs numériques 

Jusqu’à présent, nous avons principalement exploré l’IA pour améliorer la productivité sur des tâches simples, comme résumer des e-mails ou créer des présentations. La véritable transformation s’opère lorsque l’on dépasse l’utilisation de l’IA comme simple outil autonome pour commencer à s’appuyer sur elle afin d’exécuter des aspects concrets d’une fonction.

Pour ce faire, il convient de décomposer les rôles existants en tâches spécifiques. Lorsque vous décomposez un rôle jusqu’au niveau des tâches, vous pouvez déléguer les processus manuels ou routiniers à des travailleurs numériques. Par conséquent, les compétences humaines qui sont privilégiées incluent notamment la prise de décisions complexes, le discernement stratégique et une supervision rigoureuse. 

À mesure que les agents prennent en charge davantage de tâches quotidiennes, il peut être très utile de leur attribuer un nom pour mieux cadrer leur usage. Supposons que vous donniez à un agent d’IA le nom « Jules ». Une fois Jules intégré à l’équipe, vous pouvez demander : quelles sont les responsabilités de Jules ? À quel moment le passage de témoin au collaborateur humain se produit-il ? Cela peut sembler simple, mais attribuer une identité claire aux travailleurs numériques favorise la prise de responsabilité et une supervision plus rigoureuse.

Visibilité sur l’ensemble des effectifs, y compris les travailleurs numériques 

L’IA transforme également le travail interfonctionnel en permettant de créer des workflows entre différentes fonctions. Par exemple, la plupart des entreprises disposent d’une forme de R&D ou d’un produit technologique. Elles disposent d’un service dédié à la mise sur le marché, d’un département financier et d’une équipe juridique. Aujourd’hui, les workflows se déroulent souvent au sein de ces fonctions, une personne assurant la coordination du transfert entre les différentes fonctions. 

Bientôt, les agents d’IA géreront des workflows couvrant plusieurs fonctions et équipes. Prenons, par exemple, le fait de rémunérer une personne salariée. Le paiement implique le département financier, le service paie, l’équipe rémunérations et avantages sociaux, les RH et le responsable direct du collaborateur. Il existe toute une série d’interactions qui se déroulent actuellement de manière cloisonnée. Avec les agents d’IA, cependant, il est possible de lever ces barrières et d’automatiser une plus grande partie de ce workflow. Or, la complexité de ces transitions, ainsi que l’impossibilité d’en assurer le suivi, crée des risques pour la sécurité.

C’est pourquoi intégrer les travailleurs numériques à l’organigramme ne relève pas uniquement des ressources humaines : c’est ainsi que nous sécurisons l’entreprise. Les cadres dirigeants doivent pouvoir répondre à ces questions : Où sont mes agents ? À quoi peuvent-ils se connecter ? Que peuvent-ils faire ? 

En abordant les travailleurs numériques avec la même rigueur et la même visibilité que nos équipes humaines, nous pouvons à la fois sécuriser l’entreprise et favoriser l’émergence de nouvelles innovations et opportunités pour l’ensemble de nos collaborateurs. 

Transformer les inquiétudes liées à l’IA en opportunités 

Les inquiétudes associées à l’IA ne sont pas près de disparaître. L’IA est certes une technologie, mais la transition relève en grande partie de la psychologie. Nous vivons une période de tensions, et il faut prendre acte des sentiments qu’elle suscite.

Le rôle d’un leader ne se limite pas à la gestion du changement dans le cadre de cette transition : il doit aussi montrer aux collaborateurs qu’ils sont valorisés. En repensant délibérément les rôles afin d’utiliser l’IA pour les tâches répétitives, les cadres dirigeants peuvent permettre à leurs équipes de se concentrer sur des missions plus complexes et porteuses de sens. 

La réussite de cette transition exige également que les responsables accordent la priorité à la visibilité. Visibilité sur la façon dont les agents d’IA et les personnes collaborent, visibilité sur les attentes pour chacun et visibilité sur les agents existants afin de pouvoir les sécuriser. 

Pour en savoir plus sur la gestion des agents d’IA en entreprise, consultez notre étude mondiale menée auprès des cadres dirigeants et des professionnels de la connaissance. 

À propos de l’auteur

Rebecca Port

Chief People Officer

Rebecca Port, PhD, is a global Human Resources strategist and an expert in the psychology of work. As Chief People Officer at Okta, Dr. Port oversees the global people strategy as the company deepens its investment in the world-class talent needed to lead the industry in securing identity for the age of AI.

With a career spanning the UK, India, Singapore, and the US, Dr. Port is a seasoned leader with deep, cross-industry expertise in scaling strategy, culture, and performance. She previously served as CHRO at Sequoia and has led people teams at 10x Genomics, Netflix, and Standard Chartered Bank.

A recognized thought leader, Dr. Port’s insights on talent and organizational design are featured in Forbes and Fast Company. She holds a PhD in Psychology and serves on multiple advisory boards. She is a recipient of numerous awards and honors including: 2025 HR Today’s Hall of Fame, was named Advocate of the Year by Women in Finance, and received a Transform 10 award for being one of the most Innovative HR leaders.

Driven by a desire to "make work work for everyone," Dr. Port continues to push the boundaries of traditional human resources to empower global talent.

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